Harry Potter et le mystère de la Chouette Effraie

 

Chapitre 26 : La découverte

 

            Les cours avaient repris depuis une semaine. Les entraînements de Quidditch avaient repris et les Gryffondor s’exerçaient de façon plus assidue, en vue du match qui les opposerait à la deuxième équipe de Beauxbâtons. Tous conservaient un excellent moral et attendait avec impatience, confiants, le vingt et un janvier. L’équipe était au point et une bonne entente régnait entre les joueurs.

 

            Tout semblait aller pour le mieux. Le Seigneur des Ténèbres et ses partisans se tenaient tranquilles…peut-être même trop tranquille. La grande majorité des élèves avaient oubliés l’incident d’Halloween, ou pensait qu’il s’agissait d’une mauvaise blague faite par un Serpentard… ! Seuls Ron, Harry, Hermione, quelques autres élèves de Gryffondor et les professeurs restaient inquiets. Les adultes semblaient tous craindre une nouvelle manifestation du terrible mage noir, excepté McGonagall et Dumbledore. Mais, l’inquiétude des professeurs étaient perceptible, surtout lors des cours en extérieur.

 

            Harry, ayant jugé préférable d’ écouter les conseils de son correspondant anonyme, évitait d’envoyer Hedwige, porter du courrier, envoyant Coq à la place… ! Peut-être n’était-il pas discret, mais il était plus agile, grâce à sa petite taille, et n’intéressait pas le Grand-Duc qui continuait de veiller, la plus grande partie de la journée, au dessus de la forêt interdite. Mais Hedwige ne semblait pas apprécier cette inactivité et quittait souvent la volière.

 

            Un soir, il se réveilla en sursaut, en plein milieu de la nuit, trempé de sueur, à la suite d’un mauvais rêve qu’il faisait régulièrement depuis l’année précédente, depuis cette nuit où il avait vu, dans ce vieux cimetière, le retour de Voldemort… Le souvenir de cette soirée-là continuait à l’habiter, plus douloureux à chaque fois, lui rappelant que le Seigneur des Ténèbres devenait, jour après jour, plus puissant. Et il revoyait le corps sans vie de Cédric Diggory, l’autre champion de Poudlard lors du tournoi des trois sorciers…, le visage blafard de Voldemort lorsqu’il était revenu à la vie…., l’arrivée de ses Mangemorts…, le doigt blafard du Seigneur des Ténèbres qui s’approchait de son visage, alors qu’il était attachée à une tombe…,un long serpent noir sifflant, enroulé sur lui-même, dans l’herbe sombre du cimetière… Et chaque fois, il se réveillait, en frissonnant, dans le dortoir. Harry aurait bien aimé, par dessus tout, pouvoir oublier ce soir-là, mais il savait qu’il ne pourrait, du moins pas de sitôt, oublier la plus dure épreuve qu’il avait enduré, depuis qu’il était à Poudlard.

 

            Si bien que, ce soir-là, se réveillant brutalement, la cicatrice brûlante, étouffant un cri de terreur, il resta un moment assit, une main sur le front, pour essayer de retrouver ses esprits.

 

Dix longues minutes s’écoulèrent, pendant lesquelles il tendit l’oreille, attentif aux bruits du dortoir, dont le silence n’était troublé que par les ronflements de Neville.

 

Harry enleva doucement les doigts de sa cicatrice, en repensant distraitement aux derniers évènements. Mais sans parvenir à retrouver entièrement tout son calme, il attrapa ses lunettes sur la table de chevet, et sortit de son lit.

 

Traversant précautionneusement la pièce, afin de ne pas réveiller ses camarades, il s’approcha de la fenêtre et s’assit sur le rebord de la fenêtre, légèrement entrouverte.

 

Le parc était baigné d’une douce lueur argentée, donnant à la forêt interdite l’air encore plus irréel, qu’elle ne l’était en temps normal. Sans trop savoir ce qu’il espérait y trouver, il scruta la lisière des arbres… pour apercevoir la forme sombre et meurtrière du Grand-Duc, qui planait silencieusement au dessus de la forêt, avant de plonger soudainement sous le couvert des arbres. C’est à ce moment-là, qu’il aperçut un petit rapace blanc et roux, tirant sur l’or, la chouette effraie qui continuait à l’intriguer. Elle donnait vraiment l’impression de se cacher du Grand-Duc. Harry suivit un instant le vol silencieux du rapace, jusqu’à ce qu’il se pose sur une branche, à la lisière de la forêt, parfaitement immobile. Vraiment ces deux rapaces avaient vraiment d’étranges habitudes. Aucun d’eux n’avait le comportement typique des chouettes.

 

Brusquement inspiré, il quitta le rebord, rejoignit son lit et sortit de sa valise la Carte du Maraudeur et sa baguette magique, dans l’intention de se faire une petite échappée nocturne, peut-être jusqu’à la volière. Mais sachant très bien qu’il passerait un mauvais quart d’heure s’il se faisait prendre hors du dortoir à une telle heure (il était près de deux heures du matin). Avant de quitter la pièce, il révéla la carte de Poudlard, en jetant un regard distrait aux différents petits points qui apparaissaient ici et là, dans l’enceinte du château…Bon, visiblement, même Miss Teigne, Rusard et Peeves, ne rôdaient pas dans le coin. Car, d’après la carte, Peeves s’amusait dans la Salle des Trophées, Miss Teigne errait le long du couloir des enchantements, au deuxième étage, et Rusard traînait dans les sous-sol… Harry se demanda s’il arrivait, de temps en temps, au concierge, de dormir… Il était toujours présent, à n’importe quel endroit, prêt à tomber sur le moindre élève qui désobéirait au règlement. L’adolescent allait remettre la carte dans sa poche, quand quelque chose, sur la carte, attira son attention… Un petit point au cœur de la forêt interdite…

 

            «C’est pas possible ! songea-t-il, incrédule. C’est impossible ! J’suis en train de rêver là ! »

 

Il enleva ses lunettes, l’espace d’un instant et les remit…l’étrange point avait disparu…

 

« C’est quoi cette histoire ? » pensa-t-il, en regagnant la fenêtre, déboussolé, se demandant s’il ne commençait pas à délirer…

 

            Il jeta, nerveusement, un regard vers la lisière de la forêt, toujours aussi calme, où la chouette effraie se tenait toujours aussi immobile. Rien, pas un bruit, pas un mouvement ne vint troubler la paix qui régnait à l’extérieur. Tout semblait presque figé, irréel. De plus en plus surpris, il fixa à nouveau la Carte… ! Rien… ! Il commençait à se demander s’il ne rêvait pas mais pourtant… ne lui avait-on pas dit que la Carte montrait tout, même les personnes cachées sous une cape d’invisibilité ?

 

            Encore sous l’effet de sa découverte, il masqua le contenu de la carte, en murmurant un rapide “méfait accomplit !” avant de regagner son lit et de ranger le parchemin et la baguette, dans sa valise.

 

            Ayant enlevé ses lunettes, il resta longtemps, étendu sur son lit, sans parvenir à trouver le sommeil. Ce que lui avait montré la carte, l’espace d’une seconde, le tracassait…

 

            «Ce n’est pas possible ! se rappela-t-il. Il ne peut pas être là… ! Pas à Poudlard… ! »

 

            Au bout d’un moment, sa fatigue l’emporta et il se rendormit, oubliant bien vite ce qu’il avait crû voir, sans savoir ce qui se passait à l’extérieur, sans savoir que la chouette effraie avait quittée son poste depuis la branche, pour venir se percher sur l’épaule de l’homme qui se tenait dans l’ombre des arbres et qui confia une lettre au petit rapace qui s’élança aussitôt dans l’obscurité, sous le regard de son propriétaire, qui se détourna du château pour disparaître dans les profondeurs obscures du parc.

 

 

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