Harry Potter et le mystère de la Chouette Effraie
Les cours avaient repris depuis une semaine. Les
entraînements de Quidditch avaient repris et les Gryffondor s’exerçaient de
façon plus assidue, en vue du match qui les opposerait à la deuxième équipe de Beauxbâtons.
Tous conservaient un excellent moral et attendait avec impatience, confiants,
le vingt et un janvier. L’équipe était au point et une bonne entente régnait
entre les joueurs.
Tout semblait aller pour le mieux. Le Seigneur des
Ténèbres et ses partisans se tenaient tranquilles…peut-être même trop
tranquille. La grande majorité des élèves avaient oubliés l’incident
d’Halloween, ou pensait qu’il s’agissait d’une mauvaise blague faite par un
Serpentard… ! Seuls Ron, Harry, Hermione, quelques autres élèves de
Gryffondor et les professeurs restaient inquiets. Les adultes semblaient tous
craindre une nouvelle manifestation du terrible mage noir, excepté McGonagall
et Dumbledore. Mais, l’inquiétude des professeurs étaient perceptible, surtout
lors des cours en extérieur.
Harry, ayant jugé préférable d’ écouter les conseils de
son correspondant anonyme, évitait d’envoyer Hedwige, porter du courrier,
envoyant Coq à la place… ! Peut-être n’était-il pas discret, mais il était
plus agile, grâce à sa petite taille, et n’intéressait pas le Grand-Duc qui
continuait de veiller, la plus grande partie de la journée, au dessus de la
forêt interdite. Mais Hedwige ne semblait pas apprécier cette inactivité et
quittait souvent la volière.
Un soir, il se réveilla en sursaut, en plein milieu de la
nuit, trempé de sueur, à la suite d’un mauvais rêve qu’il faisait régulièrement
depuis l’année précédente, depuis cette nuit où il avait vu, dans ce vieux
cimetière, le retour de Voldemort… Le souvenir de cette soirée-là continuait à
l’habiter, plus douloureux à chaque fois, lui rappelant que le Seigneur des
Ténèbres devenait, jour après jour, plus puissant. Et il revoyait le corps sans
vie de Cédric Diggory, l’autre champion de Poudlard lors du tournoi des trois
sorciers…, le visage blafard de Voldemort lorsqu’il était revenu à la vie….,
l’arrivée de ses Mangemorts…, le doigt blafard du Seigneur des Ténèbres qui
s’approchait de son visage, alors qu’il était attachée à une tombe…,un long
serpent noir sifflant, enroulé sur lui-même, dans l’herbe sombre du cimetière…
Et chaque fois, il se réveillait, en frissonnant, dans le dortoir. Harry aurait
bien aimé, par dessus tout, pouvoir oublier ce soir-là, mais il savait qu’il ne
pourrait, du moins pas de sitôt, oublier la plus dure épreuve qu’il avait
enduré, depuis qu’il était à Poudlard.
Si bien que, ce soir-là, se réveillant brutalement, la
cicatrice brûlante, étouffant un cri de terreur, il resta un moment assit, une
main sur le front, pour essayer de retrouver ses esprits.
Dix longues
minutes s’écoulèrent, pendant lesquelles il tendit l’oreille, attentif aux
bruits du dortoir, dont le silence n’était troublé que par les ronflements de
Neville.
Harry
enleva doucement les doigts de sa cicatrice, en repensant distraitement aux derniers
évènements. Mais sans parvenir à retrouver entièrement tout son calme, il
attrapa ses lunettes sur la table de chevet, et sortit de son lit.
Traversant
précautionneusement la pièce, afin de ne pas réveiller ses camarades, il
s’approcha de la fenêtre et s’assit sur le rebord de la fenêtre, légèrement
entrouverte.
Le
parc était baigné d’une douce lueur argentée, donnant à la forêt interdite
l’air encore plus irréel, qu’elle ne l’était en temps normal. Sans trop savoir ce
qu’il espérait y trouver, il scruta la lisière des arbres… pour apercevoir la
forme sombre et meurtrière du Grand-Duc, qui planait silencieusement au dessus
de la forêt, avant de plonger soudainement sous le couvert des arbres. C’est à
ce moment-là, qu’il aperçut un petit rapace blanc et roux, tirant sur l’or, la
chouette effraie qui continuait à l’intriguer. Elle donnait vraiment
l’impression de se cacher du Grand-Duc. Harry suivit un instant le vol
silencieux du rapace, jusqu’à ce qu’il se pose sur une branche, à la lisière de
la forêt, parfaitement immobile. Vraiment ces deux rapaces avaient vraiment
d’étranges habitudes. Aucun d’eux n’avait le comportement typique des
chouettes.
Brusquement
inspiré, il quitta le rebord, rejoignit son lit et sortit de sa valise la Carte
du Maraudeur et sa baguette magique, dans l’intention de se faire une petite
échappée nocturne, peut-être jusqu’à la volière. Mais sachant très bien qu’il
passerait un mauvais quart d’heure s’il se faisait prendre hors du dortoir à une
telle heure (il était près de deux heures du matin). Avant de quitter la pièce,
il révéla la carte de Poudlard, en jetant un regard distrait aux différents
petits points qui apparaissaient ici et là, dans l’enceinte du château…Bon,
visiblement, même Miss Teigne, Rusard et Peeves, ne rôdaient pas dans le coin.
Car, d’après la carte, Peeves s’amusait dans la Salle des Trophées, Miss Teigne
errait le long du couloir des enchantements, au deuxième étage, et Rusard
traînait dans les sous-sol… Harry se demanda s’il arrivait, de temps en temps,
au concierge, de dormir… Il était toujours présent, à n’importe quel endroit,
prêt à tomber sur le moindre élève qui désobéirait au règlement. L’adolescent
allait remettre la carte dans sa poche, quand quelque chose, sur la carte,
attira son attention… Un petit point au cœur de la forêt interdite…
«C’est pas possible ! songea-t-il, incrédule. C’est
impossible ! J’suis en train de rêver là ! »
Il
enleva ses lunettes, l’espace d’un instant et les remit…l’étrange point avait disparu…
« C’est
quoi cette histoire ? » pensa-t-il, en regagnant la fenêtre,
déboussolé, se demandant s’il ne commençait pas à délirer…
Il jeta, nerveusement, un regard vers la lisière de la
forêt, toujours aussi calme, où la chouette effraie se tenait toujours aussi
immobile. Rien, pas un bruit, pas un mouvement ne vint troubler la paix qui
régnait à l’extérieur. Tout semblait presque figé, irréel. De plus en plus
surpris, il fixa à nouveau la Carte… ! Rien… ! Il commençait à se
demander s’il ne rêvait pas mais pourtant… ne lui avait-on pas dit que la Carte
montrait tout, même les personnes cachées sous une cape d’invisibilité ?
Encore sous l’effet de sa découverte, il masqua le
contenu de la carte, en murmurant un rapide “méfait accomplit !” avant de
regagner son lit et de ranger le parchemin et la baguette, dans sa valise.
Ayant enlevé ses lunettes, il resta longtemps, étendu sur
son lit, sans parvenir à trouver le sommeil. Ce que lui avait montré la carte,
l’espace d’une seconde, le tracassait…
«Ce n’est pas possible ! se rappela-t-il. Il ne peut
pas être là… ! Pas à Poudlard… ! »
Au bout d’un moment, sa fatigue
l’emporta et il se rendormit, oubliant bien vite ce qu’il avait crû voir, sans
savoir ce qui se passait à l’extérieur, sans savoir que la chouette effraie
avait quittée son poste depuis la branche, pour venir se percher sur l’épaule
de l’homme qui se tenait dans l’ombre des arbres et qui confia une lettre au
petit rapace qui s’élança aussitôt dans l’obscurité, sous le regard de son propriétaire,
qui se détourna du château pour disparaître dans les profondeurs obscures du
parc.
Chapitre
précédent Chapitre suivant
Chapitres : 00, 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16,
17,
18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32,
33,
34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47,48.